Les 10 meilleurs tireurs de coup-francs brésiliens de l'histoire

Juninho tirant plusieurs coup-francs

Le Brésil n'est pas seulement la nation des dribbleurs et des magiciens du ballon rond. C'est aussi, et peut-être surtout, le pays qui a inventé l'art moderne du coup de pied arrêté. De la folha seca (la "feuille morte") à la frappe en knuckleball, ce sont des Brésiliens qui ont posé les fondations techniques utilisées aujourd'hui par tous les grands tireurs de la planète, de Cristiano Ronaldo à Lionel Messi en passant par Andrea Pirlo.

Si la question du meilleur tireur de coup-franc brésilien revient sans cesse chez les passionnés de football, c'est qu'aucune autre sélection nationale n'a produit autant de spécialistes du genre. Voici notre classement des 10 plus grands tireurs de coup-franc brésiliens de tous les temps.

10. Didi — l'inventeur de la folha seca

Didi

Waldyr Pereira, plus connu sous le nom de Didi, est né en 1928. Il est élu meilleur joueur du Mondial 1958 et double champion du monde (1958, 1962). Didi est tout simplement l'inventeur de la folha seca, cette frappe qui monte au-dessus du mur avant de plonger soudainement, comme une feuille morte tombant d'un arbre. Une infection à la jambe droite l'avait obligé, dans sa jeunesse, à reconstruire sa frappe avec moins de puissance, plus de touche, un appel court et un contact des deux orteils sur le ballon.

Toute la grammaire du coup-franc moderne vient de lui. Pelé lui-même le considérait comme son idole. Sur ses 20 buts avec le Brésil, 12 d'entre eux sont inscrits sur coups-francs.

9. Branco — le maître de la patate gauche

Branco avec le Brésil

Cláudio Ibrahim Vaz Leal, dit Branco, est un latéral gauche brésilien, champion du monde 1994. Passé par Fluminense, le FC Porto, le Genoa et Middlesbrough, il était considéré au Brésil comme le précurseur direct de Roberto Carlos au même poste. Son chef-d'œuvre reste son missile de 35 mètres dans la lucarne d'Ed de Goey en quart de finale du Mondial 1994 contre les Pays-Bas (3-2), but qui a quasiment offert le titre mondial au Brésil.

Pour la beauté du geste, revisionnons ce bijou historique :

8. Neymar — le tireur de sa génération

Neymar

De retour à Santos après son passage à Al-Hilal, Neymar Jr. est considéré comme l'un des tireurs les plus créatifs et imprévisibles des années 2010-2020. Formé à Santos, élevé au panthéon du football mondial à Barcelone aux côtés de Messi et Suárez, recordman du transfert le plus cher de l'histoire (222M€ vers le PSG en 2017), Neymar est aussi le meilleur buteur de l'histoire de la Seleção avec 79 buts en 128 sélections, dépassant Pelé en 2023. Sa technique de coup-franc oscille entre frappe enroulée à la Beckham et knuckleball à la Juninho. Il assume d'ailleurs ouvertement cette double inspiration.

Neymar a marqué 22 buts sur coup-francs au cours de sa carrière.

7. Rivelino — la Patada Atómica

Rivelino

Champion du monde 1970 dans ce qui est largement considéré comme la plus grande équipe brésilienne de tous les temps, Roberto Rivelino était la définition même du gaucher virtuose. Star des Corinthians puis de Fluminense, il est l'inventeur du flip-flap ensuite copié par Ronaldinho, Ronaldo Nazário et Zlatan Ibrahimović. Mais c'est surtout pour la violence de sa frappe qu'il a marqué les esprits. Pelé l'a inclus dans sa liste FIFA 100 des plus grands joueurs vivants en 2004.

Les supporters mexicains, qui découvraient le ballon rond brésilien lors du Mondial 70, l'ont surnommé Patada Atómica (le coup de pied atomique) après son missile contre la Tchécoslovaquie en phase de groupes. Jusqu'à sept joueurs dans le mur, pas besoin d'enrouler par-dessus, Rivelino mise sur sa puissance...

6. Pelé — O Rei, aussi sur coup-franc

Pelé

Souvent cité parmi les trois plus grands joueurs de l'histoire, triple champion du monde (1958, 1962, 1970), Pelé n'est pas le premier nom qui vient à l'esprit quand on pense au meilleur tireur de coup-francs brésilien. Et pourtant ! Sur les 1,283 buts qu'il revendique en carrière (chiffre lui-même contesté), une part importante provenait de phases arrêtées. La frappe de Pelé sur coup-franc était variée : enroulée pied droit à la Didi, ou frappe pure.

Il aurait marqué 70 buts sur coup-franc direct. Il faut toutefois noter que ce total inclut beaucoup de matchs amicaux et exhibitions, ce qui pousse certains statisticiens indépendants à réviser le chiffre fortement à la baisse (44 buts en compétition officielle selon la plupart des analyses).

5. Roberto Carlos — la frappe de mule

Roberto Carlos

L'un des meilleurs latéraux gauches de l'histoire, vainqueur de la Coupe du monde 2002 et triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid, Roberto Carlos a redéfini ce qu'un défenseur pouvait faire balle au pied. Surnommé l'homme-canon, il frappait régulièrement à plus de 169 km/h. Son coup-franc magique contre la France au Tournoi de France 1997, étudié depuis par les physiciens (effet Magnus), reste l'un des buts les plus iconiques de l'histoire du football. Le ballon part vers le poteau de corner avant de revenir dans la lucarne du gardien Fabien Barthez. Une action qu'on aurait cru possible seulement dans un manga de football ou un film...

Roberto Carlos a inscrit 49 buts sur coup-francs, dont 24 avec le Brésil

4. Marcelinho Carioca — Pé de Anjo

Marcelinho Carioca

Méconnu hors du Brésil parce qu'il n'a jamais réellement percé en Europe (court passage à Valence en 1997), Marcelo Pereira Surcin, alias Marcelinho Carioca, est pourtant statistiquement le tireur de coup-franc le plus prolifique de l'histoire du football, devant Juninho selon les retraitements récents. Idole absolue des Corinthians (8 titres dont deux championnats du Brésil 1998-1999 et la première Coupe du monde des clubs FIFA 2000), il devait son surnom de Pé de Anjo (Pied d'Ange) à sa précision chirurgicale et à sa petite pointure.

Willian (Chelsea, Arsenal) le cite comme son idole d'enfance, et Juninho l'a explicitement mentionné comme sa première inspiration pour le knuckleball. Sa carrière a été ternie par des conflits hors-terrain (notamment avec Wanderley Luxemburgo). 78 buts sur coup-francs sont attribués à Marcelinho Carioca, dont 59 inscrits rien qu'au Corinthians.

3. Rogério Ceni — le gardien-tireur record du monde

Rogério Céni

Probablement l'anomalie la plus folle de l'histoire du football. Rogério Mücke Ceni est un gardien de but, et il a marqué 132 buts en carrière, dont une majorité écrasante depuis le rond central… ou sur coup-franc. Légende absolue de São Paulo (1,238 matchs sur 22 ans, le record absolu pour un même club), capitaine champion du monde des clubs en 2005, il avait un protocole d'entraînement obsessionnel : on raconte qu'il frappait jusqu'à 80 coups-francs par jour à l'entraînement. Le record du monde Guinness du gardien le plus prolifique est officiellement à son nom. Aucun autre portier de l'histoire ne s'approche de ses chiffres.

Rogério Céni a ainsi marqué 61 buts sur coup-francs. Une statistique qui erstera éternellement... folle pour un gardien de but.

2. Zico — O Galinho

Zico

Surnommé le "Pelé blanc", Arthur Antunes Coimbra alias Zico est l'idole absolue de Flamengo (508 buts en 731 matchs, meilleur buteur de l'histoire du club), vainqueur de la Copa Libertadores 1981 et de la Coupe intercontinentale la même année face à Liverpool. Considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de l'histoire à n'avoir jamais gagné de Coupe du monde (avec Cruyff, Maradona et Pus'kás), Zico était capable de faire tourner le ballon dans toutes les directions. Il restait systématiquement après l'entraînement pour travailler ses coups-francs, une habitude qu'il a transmise à toute une génération de joueurs brésiliens.

Marcelinho Carioca raconte que Zico est venu personnellement le voir s'entraîner chez les jeunes du Flamengo. On lui décompte un total de 62 buts sur coup-francs en compétitions officielles.

1. Juninho — le GOAT absolu du coup-franc

Juninho

Personne, personne, n'a jamais frappé un ballon arrêté comme Antônio Augusto Ribeiro Reis Júnior, alias Pernambucano Juninho. Sept fois champion de France avec l'Olympique Lyonnais (un record absolu en France), vainqueur de la Copa Libertadores 1998 avec Vasco da Gama et de la Coupe des Confédérations 2005 avec le Brésil, Juninho a perfectionné la technique du knuckleball : un ballon frappé pied à plat, sans rotation, qui flotte de manière imprévisible avant de plonger.

Cristiano Ronaldo, Andrea Pirlo, Didier Drogba, Gareth Bale ont tous publiquement reconnu l'avoir copié. Thierry Henry a qualifié Juninho  de "meilleur tireur de l'histoire, de loin, de très loin". On se rappelle notamment de sa frappe majestueuse du milieu de terrain contre Ajaccio :

Une enquête de L'Équipe en décembre 2006 révélait que 45 % des buts de l'OL (alors une des trois meilleures attaques d'Europe à l'époque) provenaient directement ou indirectement d'un coup-franc de Juninho. Autre statistique parlante, le club n'a jamais perdu un match de Ligue 1 où Juninho a marqué un coup-franc.

Au total, Juninho a inscrit 77 buts sur coup-francs dont 44 avec l'Olympique Lyonnais.

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